UNIVERSITÉ PSL (PARIS SCIENCES & LETTRES)

Les savants et les politiques

Un cycle de rencontres annuelles entre politiques et chercheurs porté par le Centre européen des études républicaines (CEDRE) et ses partenaires à l’occasion du centenaire de la célèbre conférence de Max Weber.

Les savants et les politiques ontils encore quelque chose à se dire ou campent-ils désormais sur des continents trop éloignés depuis la description qu’en avait donnée Max Weber au début du XXe siècle ? Et si oui, de quoi peuvent-ils parler et pour quoi faire ?

Ce cycle de rencontres mensuelles entre politiques et chercheurs porté par le Centre européen des études républicaines (CEDRE) et ses partenaires à l’occasion du centenaire de la célèbre conférence de Max Weber ne prétend pas apporter des solutions toutes faites à un éventuel désenchantement démocratique, à la crise des partis politiques traditionnels en Europe ou à la progression de l’abstention. Pas davantage à intervenir dans ce que l’on appelle souvent des « questions de société » formulées par des instances dont c’est le métier d’inventer des débats sans issue. Le débat démocratique souffre de ces échanges à somme nulle où chacun vient et repart avec ses propres convictions et dans lesquels des compères rejouent sans cesse les mêmes scènes.

Il ne s’agit pas davantage de mettre les chercheurs au service des politiques ou de convoquer ces derniers devant un tribunal académique. Il y a pour cela d’autres lieux : éditoriaux rapides et plateaux télé où le procès des élites est instruit sans relâche ou think tanks et essais plus argumentés qui cherchent à donner du sens à des questions dont nul n’attend vraiment qu’elles reçoivent une réponse.

Ce cycle de séminaires entend prendre le contrepied de ces débats. Il fait le constat qu’au-delà des positions professionnelles et des appartenances, politiques et chercheurs partagent un certain nombre d’objets, d’intérêts et de questionnements communs et qu’ils sont confrontés aux mêmes difficultés de description des transformations du monde social et des manières de les interpréter.

Il a donc pour ambition de profiter de ces convergences pour construire un espace commun de réflexion et par là contribuer de manière intellectuellement exigeante au travail de construction des outils conceptuels, lexicaux et pratiques nécessaires à la reformulation d’un horizon politique pensable. En somme, il veut inviter les politiques à se ressaisir du travail théorique de construction de projets de société à long terme trop souvent externalisé ou abandonné et les savants à ne pas considérer que les politiques publiques ne sont pas de leur ressort et qu’il ne leur appartient pas de vouloir les inspirer.

Le cycle de rencontres avait été ouvert au printemps 2018 par Delphine O et Loïc Blondiaux. Ils s’étaient interrogés sur « La fin des partis politiques » dans la séquence électorale exceptionnelle de l’année 2017, qui avait porté un président jusque là jamais élu et un nouveau mouvement politique, la République En Marche.

Une deuxième rencontre avait mis en présence Boris Vallaud et Stéphane Beaud qui avaient débattu de l’écart entre l’égalité politique théorique des citoyens et l’inégalité des conditions réelles et de l’évolution des savoirs d’Etat capables de mesurer ces écarts, comme le montre la substitution de la PCS à la CSP dans les statistiques officielles.

Le cycle qui s’ouvre à la rentrée 2018 veut s’emparer de nouveaux objets, dont l’actualité s’impose à nous. Tout d’abord le défi à la fois politique et intellectuel que constituent l’afflux de migrants en Europe et la question de la détermination des droits qui sont les leurs, c’est-à-dire au fond la possibilité de penser des droits humains en dehors même de la citoyenneté.

Les questions institutionnelles sont également au coeur de ce nouveau cycle de conférences. Les multiples fractures qui fragilisent l’Union Européenne mettent clairement en jeu son avenir dans un contexte de repli américain et de tensions russoeuropéennes. Cela nécessite-il une Union différente, bâtie sur de nouveaux concepts, ou annonce irrémédiablement le déclin du projet européen ?

La réforme constitutionnelle et ses interrogations sur le rôle du Parlement sous la Vème République questionnent la nature de nos institutions. Les exigences de rapidité et d’efficacité et le souci d’une gestion économe des deniers publics participent-ils d’un abaissement du Parlement, voire d’un antiparlementarisme d’un nouveau genre ?

Ce nouveau cycle souhaite aussi interroger les relations entre productivité agricole, préservation de la biodiversité, survie de la paysannerie indépendante, santé alimentaire et expériences démocratiques.

Tout comme le consentement à l’impôt, qui paraît connaître une érosion rapide portée à la fois par les stratégies d’évitement fiscal des plus riches, par le dumping entre États et par les dénonciations poujadistes du « fiscalisme ». Enfin, les usages (et les mésusages) du terme peuple seront interrogés pour en élucider les enjeux sémantiques et les implications politiques concrètes.

Conformément à son principe fondateur, le séminaire entend chaque fois ménager une place importante à la discussion avec le public et contribuer par-là à la définition d’un espace ouvert d’échanges critiques.

Avec la participation de :
Bruno David, directeur du Museum national d’histoire naturelle
Nilüfer Göle, directrice d’études à l’EHESS
Barbara Pompili, députée LREM
Valérie Rabault, députée PS
Serge Slama, professeur de droit à l’université Grenoble Alpes
Alexis Spire, directeur de recherche au CNRS
Aurélien Taché, député LREM
Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS (sous réserve)

Un séminaire du CEDRE-PSL en partenariat avec l’École normale supérieure, l’EHESS, l’EPHE, l’Université de Neuchâtel et avec la participation de l’association Débattre en Sorbonne

Responsable 
Olivier Christin, directeur du CEDRE

Coordinateurs
Jérémie Ferrer-Bartomeu
Nicolas Iommi Amunategui

Organisation et communication
Olivier Demoures
odemoures@gmail.com

Première séance le mercredi 17 octobre à 19h15

« Citoyenneté, souveraineté, migrations : penser les droits des migrants »

Avec : 

Serge Slama, professeur de droit public à l’Université de Grenoble-Alpes,  membre du comité de rédaction de la Revue des droits de l’homme

Aurélien Taché, député LREM de la Xe circonscription du Val d’Oise et auteur d’un rapport sur  l’intégration

Le CEDRE, un centre de l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres)

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