UNIVERSITÉ PSL (PARIS SCIENCES & LETTRES)

Catéchisme républicain, philosophique et moral

Poisson de La Chabeaussière

Paris

1794

Le "Catéchisme républicain, philosophique et moral" de Poisson de La Chabeaussière (1794–An II)

Jean-Charles Buttier

Auguste Étienne Xavier Poisson de La Chabeaussière est né en 1752. Son père était avocat et il fut élève au Collège des Quatre nations où il acquit une solide culture classique avant de se lancer dans une carrière littéraire. En 1779, il fait ses débuts comme librettiste et écrit des livrets d’opéras dont la musique est composée par Dalayrac. Il intègre l’administration en devenant chef de bureau de la troisième division du Ministère de l’Intérieur en 1794-An II. La Chabeaussière est emprisonné en l’an II car accusé par son ex-gendre d’être lié à un proscrit. C’est depuis sa cellule qu’il adresse au Comité d’Instruction publique (et aussi au Comité de Salut public) un manuscrit d’ouvrage élémentaire intitulé Quatrains moraux. Essai d’un catéchisme moral, philosophique et républicain (pièce conservée aux Archives Nationales, F17 1207, dossier 2), ceci dans le cadre du concours lancé le 9 pluviôse An II (28 janvier 1794) pour encourager la rédaction de manuels élémentaires. Une fois libéré (en fructidor), La Chabeaussière sollicite une place dans les bureaux de la Commission exécutive de l’instruction publique. Il devient alors chef du deuxième bureau, qui est en charge de l’enseignement dans les écoles et les musées, poste qu’il occupe lorsque son catéchisme est primé à l’issue du concours, le 11 germinal An IV (1er avril 1796), dans la catégorie des « élémens (sic) de morale républicaine ». Cette reconnaissance officielle n’est pas étrangère à la position de l’auteur au sein de l’appareil administratif en charge de l’éducation. Le 2 messidor An III (20 juin 1795), il fait ainsi hommage au Comité d’Instruction publique de la nouvelle édition de son livre qui porte désormais le titre de Catéchisme français ou principes de morale républicaine, à l’usage des écoles primaires (ce qui lui vaut une mention civique). Deux mois plus tard, le 10 fructidor An III (27 août 1795), il est inscrit sur la liste des « savants, artistes et gens de lettres qui ont droit aux récompenses nationales » et reçoit 2 000 livres. Surtout, depuis la proclamation des résultats du concours, le Catéchisme français connaît sous le Directoire et les débuts du Consulat une très large diffusion en France et dans les républiques sœurs.

La Chabeaussière a explicité son objectif dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté (pour employer un terme anachronique puisque l’on parle alors de morale républicaine) dans une note de la première édition de son texte qui se réfère à la question suivante : « Quels sont les principes généraux qui constituent les Devoirs de l’Homme envers ses semblables ? » :

« Je crois qu’en inspirant à l’enfance l’amour de la patrie, le goût de l’étude et le désir d’inspirer l’amitié, en les mettant en opposition avec la haine de la tyrannie, de l’intrigue et de l’égoïsme, on lui a donné toutes les bases d’une excellente éducation morale ; tous les vices dérivent à-peu-près des deniers sentimens (sic), toutes les vertus des premiers. »

En 1799-An VII, le Conseil d’Instruction publique auprès du Ministre de l’Intérieur François de Neufchâteau (lui-même auteur d’un texte d’édification morale) confirme cette reconnaissance officielle tout en réclamant que soient retirés les quatrains traitant de religion en raison de leur orientation agnostique. Ces changements ne furent toutefois jamais opérés d’après les rééditions successives.

La Chabeaussière se consacre ensuite essentiellement à la poésie sous l’Empire et la Restauration et meurt en 1820. L’étude de son manuel élémentaire est intéressante par la très longue vie éditoriale de ce texte qui en fait un cas à part au sein du genre du catéchisme politique. Nos recherches bibliographiques ont ainsi permis d’identifier plus de 80 éditions dont la plus récente est de 1893, publiée dans le contexte du Centenaire de la Révolution française.

Le manuel officiel de morale républicaine du Directoire

Les 80 éditions de cet ouvrage sont parfois de simples retirages sous un autre nom d’éditeur. Ainsi, sous le Directoire, la diffusion des manuels officiels étant laissée à l’initiative privée, une multitude d’imprimeurs-libraires prennent en charge sa diffusion. Cette reconnaissance officielle a eu un impact puisque ce catéchisme révolutionnaire fut le plus diffusé sous le Directoire avec au moins 35 éditions différentes entre 1796-An IV et 1800-An VIII, à rapporter aux 82 éditions repérées au total de 1794 à 1893. Cette diffusion s’est faite dans toute la France mais aussi dans les républiques sœurs avec des éditions à Venise, Bruxelles, Amsterdam, etc.

La Chabeaussière a aussi réécrit son texte en fonction des évolutions du contexte politique révolutionnaire. Les réécritures du tout premier quatrain sont significatives. La première édition de 1794-An II débute ainsi :

«  Qui es-tu ?
Homme libre et pensant, né pour haïr les Rois,
N’aimer que mes égaux et servir ma Patrie,
Vivre de mon travail et de mon industrie ;
Abhorrer l’esclavage, et me soumettre aux lois (sic). »

Le Catéchisme français, ou Principes de morale républicaine à l’usage des écoles primaires a vu son premier vers être réécrit de la sorte :

« Qui êtes-vous ?
Homme libre & pensant, républicain par choix ;
Né pour aimer mon frère & Servir ma patrie,
Vivre de mon travail ou de mon industrie,
Abhorrer l’esclavage & me soumettre aux lois (sic). »

Bronislaw Baczko a insisté sur « l’intention moralisatrice » de la Constitution de 1795-An III, au travers notamment de sa déclaration des « devoirs » alors que les Déclarations de 1789 et 1793 n’en comportaient pas. C’est dans ce contexte moral que le catéchisme a connu des refontes majeures qui aboutissent à une succession de droits et de devoirs conformes à la morale bourgeoise directoriale, en particulier le quatrain définissant ce qu’est la liberté. La première version dans l’édition faite à Melun en l’An II reprend le mot d’ordre révolutionnaire « La liberté ou la mort ! », dans un contexte de promotion du martyre républicain :

« Qu’est-ce que la Liberté ?
Le plus beau don du ciel, le vrai bien sur la terre.
Esclaves ! Travaillez à la reconquérir ;
Malheur, haine éternelle à qui lui fait la guerre.
Vive la liberté ! Qui la perd doit mourir. »

En 1795-An III, la question « Qu’est-ce que la liberté ? » est complétée par une question inédite sur les limites et contraintes opposées à la liberté :

« La liberté n’est pas ce penchant de nature,
De repousser tout frein, de haïr tout pouvoir,
Elle est le droit d’agir, comme on doit le vouloir !
La justice est sa règle et la loi sa mesure ».

En 1797-an V, est ajoutée la question « La propriété est donc un droit sacré ? ». La réponse commence par « Ne désirons jamais ce que possède un autre ». Cette version du texte est de nouveau réécrite en 1800-an VIII dans l’édition chez Goujon dans laquelle ont été insérés des sous-titres. Celui se rapportant à ces quatrains sur la liberté est intitulé « Définition de l’ordre social » et au droit « sacré » de la propriété est ajouté celui de la sûreté :

« La propriété et la sûreté sont-ils des droits sacrés ?
Ne désirons jamais ce que possède un autre ;
Respectons, défendons et sa vie et ses biens ;
La sûreté de tous nous garantit la nôtre ;
Blesser les droits d’autrui, c’est renoncer aux siens. »

Une note sur ces vers est l’occasion pour l’auteur d’exposer ses conceptions politiques à la fin de la Révolution :

« Les devoirs du citoyen précèdent, comme de raison, ses droits ; car ceux-ci ne sont, à proprement parler, que la récompense de l’exactitude à remplir les autres. En parlant de ces droits dont notre révolution a si cruellement abusé, j’ai tâché de m’en tenir aux principes clairs et inaltérables sur la liberté, l’égalité, la sûreté et la propriété. »

Au fil des rééditions directoriales s’opère ainsi un glissement dans la structure du catéchisme qui tend à évacuer le politique au profit d’une classique liste de vices et de vertus.

Cette malléabilité du texte inspiré des classiques quatrains de Pibrac mais réinvesti d’un contenu politique nouveau au gré des changements de régime explique les relectures politiques du texte. Ainsi, Jean-Jacques Cart réédite à Lausanne en 1804 le livre sous le titre de Catéchisme vaudois ou principes de Philosophie, de Morale et de politique républicaine destiné à la jeunesse d’après son titre. Cart fut un des membres actifs de la République helvétique entre 1798 et 1803 et devint une figure politique du canton de Vaud après la Restauration, ce qui explique le titre choisi de Catéchisme vaudois. Il a eu entre les mains une édition bordelaise de 1797-An V par Puynesge, qu’il a en partie réécrite comme l’indique la préface :

« Arrivé d’Amérique à Bordeaux, je trouvai ce Catéchisme, imprimé par ordre du Département de la Gironde, pour servir aux Ecoles, dans toute l’étendue de son territoire. Je le lus avec ravissement. Tous ceux à qui je l’ai communiqué ensuite, plusieurs Ministres en ont également été touchés, m’en ont demandé et m’en demandent des copies. Ils veulent que leurs enfans (sic) le sachent par cœur. C’est pour remplir leur vœu que le fais réimprimer, après quelques amendements nécessaires. »

Le nom de La Chabeaussière a dès lors disparu, le statut de manuel officiel primant sur la notoriété de son auteur. D’autre part, par un jeu de réécriture (pour insister sur la religion chrétienne en particulier), le texte devient un ouvrage de propagande destiné aux républicains du canton de Vaud. Voici le premier vers réécrit de ce catéchisme : « Qui êtes-vous ? Homme libre, chrétien, républicain par choix. »

Entre réécriture idéologique
et résurgence de la mémoire révolutionnaire

Après le décès de son auteur, le texte du Catéchisme républicain, philosophique et moral connaît des rééditions et des réinterprétations politiques qui vont bien au-delà d’une réécriture conservatrice du texte original. Ainsi, après la mort de Napoléon, en est parue une version bonapartiste sous le titre d’Entretiens des peuples civilisés. Le catéchisme républicain, suivi de : Les Conseils de la sagesse, Indice des amis du drapeau d’Austerlitz, et le Pater National de France. En 1832, une édition faite à Lons-le-Saunier par un imprimeur nommé Courbet comporte une liste de commandements qui n’existaient pas dans le texte original dont le suivant qui en donne une orientation orléaniste : « 9. Le roi PHILIPPE, honoreras. Et sa famille également. »

C’est surtout sous l’influence des républicains que le catéchisme connaît une nouvelle vie éditoriale dans les années 1830 et pendant la Seconde République. Devenu un support de politisation, le catéchisme de La Chabeaussière est réédité sept fois en 1832-1833, en particulier par des éditeurs liés à la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Les catéchismes politiques des années 1830 sont, dans leur majorité, républicains en raison de l’influence de cette association fondée en 1830. Elle fédère les militantes et militants favorables à la République, depuis 1832 jusqu’à l’arrestation de ses principaux dirigeants suite à l’échec de l’insurrection d’avril 1834 à Lyon. Faisant œuvre de vulgarisation politique, la SDH cherche à républicaniser la population par le livre, essentiellement de courtes brochures bon marché.

L’histoire du genre du catéchisme politique a ainsi permis d’isoler une période de courte durée, essentiellement de 1832 à 1834, marquée par un réinvestissement de cette pédagogie par cette société de propagande républicaine. Elle incarne alors un projet de vulgarisation politique qui repose essentiellement sur la proposition de Déclaration des Droits de Robespierre en 1793. Le catéchisme de La Chabeaussière a profité de ce contexte favorable à la vulgarisation politique de l’histoire de la Révolution pour connaître des rééditions. Celle de Sétier (1832), est un jalon important dans son histoire éditoriale car cette version a été reprise en 1846 et en 1849 sous le titre de Nouveau catéchisme français en quarante-huit articles. Sétier avait édité en 1824 le Catéchisme des industriels de Saint-Simon et c’est un des pivots du réseau de propagande républicaine de la SDH. Ces trois éditions se présentent sous la forme de fascicules sans reliure d’une dizaine de pages vendues pour un prix modique.

Avec la Seconde République commence une nouvelle vie éditoriale pour le Catéchisme puisqu’il est réédité dix fois en 1848 et trois fois en 1849. En 1848 réapparaissent les termes « République » et « Républicains » dont l’usage était interdit depuis 1835. À la faveur de la Seconde République réapparaît le texte original du catéchisme, sans les réécritures post-révolutionnaires, avec notamment une réédition dès mars 1848 à Toul qui reprend la troisième édition de 1797-an V. En parallèle, les éditions des années 1830 continuent d’être diffusées comme cette version imprimé à Abbeville en 1849 dont le titre est Le nouveau catéchisme français. Cette coexistence de versions différentes se poursuit ensuite dans les années 1870 et sous la Troisième République.

La patrimonialisation du catéchisme
sous la Troisième République

Une édition lyonnaise de 1871 chez Conchon porte le titre de Catéchisme républicain, d’après l’original de l’an IV de la République française, version rééditée à l’identique en 1873. Une autre édition, cette fois-ci parisienne en 1875 porte le titre de Catéchisme républicain (1793). L’ouvrage participe de cette recherche d’une généalogie républicaine comme l’illustre l’introduction présente dans l’édition faite à Lyon en 1871 :

« Introduction : Ce catéchisme très rare a été réimprimé fidèlement d’après l’original remontant à la fin du siècle dernier, c’est à dire en l’An IV de la République française. Nous avons pensé être utiles à nos concitoyens, en livrant à la publicité les doctrines très naturelles contenues dans cette brochure. Il serait beau, de nos jours, de voir mettre en pratique ces heureuses maximes de nos pères. Lyon, le 2 février 1871, J.B. »

Il faut toutefois nuancer cette fidélité à cet héritage, puisque l’éditeur réécrit en partie le texte malgré cet avertissement. Comme sous la Seconde République, deux tendances contradictoires s’entrechoquent : l’affirmation de l’authenticité d’un document historique et la réécriture du texte original pour l’adapter aux besoins du temps. L’édition de 1882 par la Librairie des écoles laïques, ne comporte plus aucune mention de Dieu ou de l’âme. Cette réédition sous le titre éloquent de Catéchisme national à l’usage des écoles laïques comporte cette intéressante réécriture du fameux quatrain sur la nature de la liberté : « Question 29 : Qu’est-ce que la liberté ? Du grand quatre-vingt-neuf c’est le plus bel ouvrage […] ».

Une ultime réédition à Bordeaux en 1893 marque une nouvelle évolution car il s’agit dorénavant d’éditer des sources dans le contexte commémoratif de 1889 qui a encouragé un travail d’édition de documents datant de l’époque révolutionnaire, notamment sous la plume de James Guillaume qui a édité les monumentaux Procès-verbaux du Comité d’instruction publique de l’Assemblée législative puis de la Convention nationale. Cette édition bordelaise indique le statut historique de l’ouvrage dans son titre : Catéchisme français à l’usage des écoles primaires, réimpression d’un document rare administratif du département de la Gironde, honoré d’une souscription du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. L’éditeur a inclus une présentation de l’ouvrage en tête de l’ouvrage :

« Etant en la possession d’un exemplaire rare du Document historique qui témoigne des efforts des Administrateurs de la première République dans la Gironde en faveur de l’éducation des jeunes générations républicaines, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de partager aujourd’hui ma bonne fortune entre tous mes contemporains, en le mettant à même d’avoir sous la main, la reproduction textuelle et originale de ce précieux recueil qui fut pendant quelque temps le Formulaire des Instituteurs et des Institutrices Primaires, et de jouir de l’héritage de nos pères, dont ils ont été frustrés depuis si longtemps. »

Il s’agit de la même édition bordelaise que celle que Jean-Jacques Cart a eue entre les mains et il est amusant de voir que la posture des deux éditeurs, pourtant à un siècle d’écart, est sensiblement la même.

Afin d’étudier les conditions de la réception de ce catéchisme dans ce contexte d’élaboration du corpus historique qui a accompagné la mise en place de l’école de la Troisième République, il est fructueux de nous arrêter sur les analyses de James Guillaume. Secrétaire de rédaction des deux éditions du Dictionnaire de pédagogie dirigé par son ami Ferdinand Buisson, il se chargea de tous les articles concernant l’histoire révolutionnaire et en particulier du monumental article « Convention », le deuxième plus long de tout le dictionnaire. L’article « Livres scolaires » revient sur l’expérience du concours de l’An II et le jugement de Guillaume sur son résultat est très négatif :

« Il faut le dire, malgré l’admiration qu’ils ont excitée, les vers de La Chabeaussière sont fort médiocres ; voici quelques-uns des moins mauvais ; ils permettront de juger en même temps des doctrines de l’auteur. »

Ce jugement critique s’explique aussi par le fait que cette pédagogie catéchistique est alors considérée comme désuète. L’article « Interroga-tions », écrit par Jules Steeg dans le Dictionnaire, comporte la mise en garde suivante :

« On peut abuser de tout, même des interrogations. […] Il faut moins encore qu’elles amènent des réponses convenues, stéréotypées, apprises par cœur, qu’elles tournent au « catéchisme ». L’enseignement mis en demandes et réponses est au rebours du bon sens pédagogique. »

***

Le succès éditorial du Catéchisme républicain, philosophique et moral, véritable best-seller de tous les catéchismes politiques publiés de la Révo-lution française à la Première Guerre mondiale, s’explique par sa très grande malléabilité aussi bien formelle que textuelle. Il est particulière-ment intéressant de se pencher sur les différentes incarnations d’un même texte pour comprendre comment celui-ci a été transmis au lectorat visé. Non seulement les interprétations politiques varient mais aussi les usages prescrits : manuel officiel du Directoire, support de la propagande républicaine, puis document patrimonial au moment du Centenaire de 1889.

Bibliographie

Éditions consultables en ligne

27 éditions différentes repérées sur les 82 recensées.

Pour citer cet article

Jean-Charles Buttier, « Le "Catéchisme républicain, philosophique et moral" de Poisson de La Chabeaussière (1794–An II)», Bibliothèque numérique du républicanisme, CEDRE, http://cedre.univ-psl.fr/ressources-numeriques/bibliotheque-republicaine/catechisme-republicain-philosophique-et-moral/

Jean-Charles Buttier

Université de Genève

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