UNIVERSITÉ PSL (PARIS SCIENCES & LETTRES)

La République et la nation italienne. Rendez-vous de l'histoire de Blois

« La République italienne et la nation »

Samedi 12 octobre 2019, de 16h15 à 17h45, Conseil départemental, Salle Lavoisier, à Blois

Une carte blanche organisée par la revue HISTOIRE@POLITIQUE

Alors qu’un certain nombre de responsables politiques italiens ne cessent d’invoquer la nation, la table ronde analysera la relation tissée entre la République et la nation depuis la Seconde Guerre mondiale et les rapports qui s’établissent entre l’Italie, l’Europe et le monde.
L’Italie entretient un rapport tourmenté, avec la nation qu’atteste bien la phrase de Massimo d’Azeglio : « Nous avons fait l’Italie, il nous faut faire les Italiens. » Les historiens ont mené de multiples recherches afin d’analyser l’origine de l’italianité, les multiples formes empruntées par celles-ci ainsi que ses vecteurs d’expression. La période du Risorgimento et de l’Italie libérale a été particulièrement étudiée afin de comprendre le rôle joué par l’État, les dirigeants, les intellectuels, les artistes pour tenter d’unifier un pays fortement fragmenté et divisé. De même, l’entreprise de consolidation totalitaire de l’État-nation à l’époque du fascisme a donné lieu à une grande quantité de travaux.
Plus tardivement, les historiens ont étudié les relations entre la République et la nation. Cet intérêt s’amorce au tournant des années 1990 pour au moins trois motifs. D’une part, le début d’une inquiétude qui ne cesse de monter dans l’opinion publique par rapport à la globalisation et à l’européanisation. D’autre part, l’arrivée de plus en plus importante d’une immigration dans un pays en déclin démographique. Enfin, les premiers succès de la Ligue du Nord qui, à l’époque, réclame l’indépendance de « la Padanie » contraignant les autres partis à définir leur relation à la nation. Ces trois facteurs ont fait resurgir de manière exacerbée la question posée depuis l’Unité : que signifie être Italien ? Les travaux historiques alimentent un débat public de plus en plus vif et ont nourri les commémorations du 150e anniversaire de l’Unité italienne en 2011. Par ailleurs, les récents développements de l’actualité, démontrent que certains partis politiques invoquent de plus en plus la nation – « prima gli Italiani » (d’abord les Italiens) ne cesse de répéter Matteo Salvini –, tandis que les enquêtes d’opinion enregistrent qu’en près d’un quart de siècle, l’europhilie des Italiens s’est métamorphosée en euroscepticisme. Un sentiment nationalitaire parcourt la péninsule.
Cette session de Carte blanche de la revue Histoire@Politique entend apporter sa contribution à l’intelligence de la relation entre République et nation dans la lignée du dossier intitulé « Gouverner l’Italie » qu’elle publie cette année. Il s’agira de restituer le débat historiographique et politique autour de la nation tel qu’il se noue des lendemains de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, d’analyser les références à la nation mises en avant par l’État, les gouvernements, mais aussi de multiples autres acteurs – partis, Église catholique, associations, intellectuels –, en accordant un soin extrême à la contextualisation puisqu’il y a des moments où la nation est occultée, et d’autres, à l’inverse, où elle ne cesse d’être invoquée. De même, il s’agira d’examiner l’enchevêtrement des relations qui s’établissent entre « la nation Italie », l’Europe et le monde – influence d’autres modèles nationaux sur l’Italie, définition de l’Italie par rapport aux autres nations et à l’Europe.

Modérateur :

Marc LAZAR, Directeur du Centre d’histoire de Sciences Po Paris
Intervenants :

Patrizia DOGLIANI, Professeure à l’université de Bologne

Marie-Anne MATARD-BONUCCI, professeure à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis

Giovanni ORSINA, professeur, directeur de la School of Government de l’Université LUISS de Rome

Pauline PICCO, professeure agrégée, docteure en histoire

Le CEDRE, un centre de l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres)

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