UNIVERSITÉ PSL (PARIS SCIENCES & LETTRES)

Constitutions mixtes. Physique des constitutions de Galien à Machiavel (16/02)

La prochaine séance du séminaire « Constitutions mixtes » (HiSoMA C3) se tiendra le vendredi 16 février 2018 (à partir de 13h30) à l’UJM-Saint-Étienne (campus Tréfilerie) et s’intitulera « Physique des constitutions : de Galien à Machiavel ».

Le séminaire accueillera deux intervenant-es invité-es :

– Athéna Bazou
 (Université nationale et capodistrienne d’Athènes), « Quelle est la constitution d’un « corps juste » selon la médecine grecque antique ? 

Résumé – Il est bien connu que dans la pensée grecque antique la justice était considérée comme la vertu la plus importante, renfermant en elle toutes les autres vertus. Bien que rencontrée le plus souvent dans des contextes légal et politique, la justice trouve son application aussi dans la médecine, mise en parallèle avec la santé du corps, rapprochée de la symétrie, l’équilibre et la beauté. Dans notre communication nous allons examiner en premier lieu en quoi consiste un ‘corps juste’ pour la médecine grecque ancienne, ainsi que les paramètres qualitatifs et/ou quantitatifs qui le caractérisent chez divers auteurs, et en second lieu les façons dont les spécialistes s’y prennent pour rétablir la justice du corps, intérieure et extérieure.  Des rapprochements seront faits entre le corps juste et les vertus corporelles et psychiques ainsi qu’avec la nature juste, sage et technicienne.
Mots clés :constitution ; médecine grecque ancienne ; corps juste ; justice ; santé ; Hippocrate ; Galien. 

 

–   Sébastien Roman (UMR 5206 Triangle), « Interpréter Machiavel aujourd’hui : étude critique de John P. McCormick. L’enjeu d’une conception dynamique de la Constitution ».

Résumé – Dans son livre Machiavellian Democracy, John P. McCormick s’intéresse de très près à la constitution mixte dans la pensée machiavélienne. Selon lui, on ne peut comprendre adéquatement le conflit entre les grands et le peuple chez Machiavel si on ne mesure pas l’importance qu’il accorde aux tribuns pour équilibrer le pouvoir des consuls et des sénateurs. Pour McCormick, Machiavel pourrait nous aider aujourd’hui à repenser notre démocratie pour la rendre plus démocratique : afin de pallier les insuffisances du principe de l’élection, qui favorise une trop grande passivité des citoyens et rend idéologique la souveraineté populaire, McCormick propose d’amender la Constitution américaine par la création d’une assemblée citoyenne de classe spécifique, composée de 51 citoyens tirés au sort qui feraient office de tribuns, comme dans la Rome antique. Les démocraties contemporaines ont un caractère oligarchique car ceux qui nous gouvernent appartiennent très souvent à des élites. Le remède serait dans un retour des tribuns, dans la création d’une institution tribunicienne dont sont exclus les grands, afin de faire mieux entendre la voix du peuple et défendre ses intérêts.

L’intervention consistera à faire un examen critique du projet de McCormick d’une double manière : aussi intéressant soit-il, il semble, d’une part, que ce projet soit infidèle à la pensée machiavélienne, d’autre part, qu’il soit inefficace, voire dangereux. La meilleure manière de reprendre Machiavel aujourd’hui n’est pas dans la création d’une institution de classe spécifique, mais dans une conception dynamique de la Constitution nourrie de la confrontation de conceptions antagonistes sur le bien commun à suivre.

Mots clés : Machiavel, McCormick, Constitution américaine, tirage au sort, Rome, tribuns, classe spécifique, dynamique, antagonisme, bien commun.

Le CEDRE, un centre de l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres)

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